12 kislev 5770 – 29 novembre 2009
L’homosexualité est un sujet bien délicat. De plus, si on désire l’aborder selon une perspective religieuse, on est certain de déranger et souvent d’être incompris. Cependant, il n’est pas sain de rompre le dialogue et de s’enfermer dans son propre mode de réflexion en pensant que l’Autre a tort et d’utiliser à son égard des qualificatifs peu honorables à son égard.
Il est interdit d’atteindre à l’intégrité des homosexuels
Il règne une grande confusion dans notre utilisation du vocabulaire. Les dictionnaires ne se sont pas forcément là pour nous aider. Selon le Larousse, la définition de l’homophobie est : “Rejet de l'homosexualité, hostilité systématique à l'égard des homosexuels.” Il n’y a rien de plus faux.
Tous les parents le savent : il faut distinguer le comportement de celui de l’enfant. Ainsi, il n’est pas adéquat de dire à un enfant qui a commis une action répréhensible : “Tu es un mauvais garçon !” Plutôt, il faut dire : “Tu as fait quelque chose qu’il ne fallait.” De la sorte, on détache l’action de la personne et on fait comprendre à l’enfant qu’il n’a rien de mal en tant que personne, mais que nous n’approuvons pas son acte.
Ceci est la raison pour laquelle il est possible de rejeter l’homosexualité – pour des raisons de croyance religieuse par exemple – mais en aucun cas les homosexuels. De fait, la personne qui lève la main contre un homosexuel commet une faute que la Tora elle-même condamne.
Cette confusion entre l’acte et la personne est malheureusement l’outil principal qu’utilisent les groupes de pression en faveur des homosexuels. “N’êtes-vous pas contre l’antisémitisme et le racisme ? Comment pouvez-vous être opposés à l’homosexualité ?” Ces phrases sont censées être des arguments chocs auxquels il est impossible de répondre.
Si on comprend l’intérêt des groupes de pression à jouer de cet amalgame, il est regrettable que les médias ne relèvent la confusion. Toutes les formes d’intolérance envers les origines ethniques, religieuses ou culturelles des individus sont à dénoncer et à combattre.
Lorsqu’un individu n’aime pas les personnes de couleur noire, il s’attaque à l’essence même de ces personnes, sans les connaître et sans avoir la moindre idée de leurs comportements. Dans la même veine, un antisémite n’a aucune idée à quoi ressemble un juif et pour cause : qui peut bien dresser la liste des signes distinctifs d’un juif ? Jean-Paul Sartre a superbement exprimé cette difficulté de la sorte : “Si le juif n’existait pas, l’antisémite l’aurait inventé.”
Une personne de couleur noire est née de cette couleur ; le juif aussi est né juif. Il déplorable qu’on n’aime pas une personne sans savoir qui elle est, ni ce qu’elle fait. Distinguer l’acte de la personne est essentiel.
Un acte et une personne : deux concepts différents
Lorsqu’une personne est homosexuelle, elle a fait un choix. Certaines théories existent qui cherchent à démontrer qu’on né homosexuel, mais les premières personnes concernées ont toujours rejeté avec la plus grand énergie ces théories. Prenons donc acte : être homosexuel repose sur un choix réfléchi de l’individu.
C’est ce choix – et uniquement lui – avec lequel il est possible d’être en désaccord. La frontière est claire et précise : l’acte peut être dénoncé, mais pas la personne. Nous ne devrions pas être très étonnés de cela car nous fonctionnons tous les jours de la sorte.
Par exemple : il est interdit de faire du bruit le soir dans notre logement. Nous en comprenons la raison : à l’heure où le calme commence à régner à l’extérieur et où le monde se couche, il n’est pas très intelligent de se saisir de sa perceuse électrique. Si une personne le fait, elle s’opposera sans doute à la loi. Pourtant, nous viendrait-il à l’idée de s’attaquer physiquement à elle ? Penserions-nous que sa perceuse possède le pouvoir de rendre cette personne mauvaise ? Bien stupide est l’individu qui penserait de la sorte.
Un acte peut et doit être analysé et jauger en fonction du lieu, de l’époque, du contexte… où il se produit. C’est à la suite de cette analyse qu’il devient possible de l’approuver ou non. Par contre, la personne en tant que telle est et reste intouchable.
Il est problématique – pour dire le moins – de vivre dans une société qui rend interdite la critique de comportements. De fait, l’homosexualité est le premier comportement face auquel il devient impossible de s’opposer. Sociétés tolérantes avez-vous dit ?
Un autre argument est souvent avancé : la sexualité des personnes est du domaine du privé et il n’est pas normal qu’on s’y oppose. Pourtant, la notion de “majorité sexuelle” existe et les personnes qui n’en tiennent pas compte s’opposent à la loi. Dans la majorité des pays, cette majorité a été fixée à seize ans. Pour quelle raison ? Simplement parce qu’on estime qu’en deçà cet âge, il peut être nuisible pour un adolescent de s’engager dans cette activité.
La notion de “majorité sexuelle” démontre que la société n’hésite à prendre sur elle de règlementer une activité qui ressort du domaine privé. Également, on peut s’opposer à l’homosexualité en se basant sur ces concepts religieux. Dans les deux cas, il s’agit de s’opposer à un acte précis, sans s’arroger le droit de porter atteintes aux personnes qui le commettent.
Si cette différence était faite entre l’acte et la personne, je serais le premier à joindre les groupes d’aide contre la violence faite aux homosexuels. Malheureusement, en se servant de la confusion linguistique, ces mêmes groupes espèrent – et parviennent – à faire avancer leurs idées au sein de la société. À vrai dire, ceci ne les aide pas. Leur victoire en est une à la Pyrrhus.
À mêler les actes aux personnes, on crée un facteur de rejet plus grand envers les homosexuels. D’autre part, si les actes étaient distingués des personnes, on ferait comprendre sans difficultés qu’il est possible de s’opposer à l’homosexualité, mais en aucun cas aux homosexuels.
Ce jour-là n’est pas pour demain et les homosexuels continueront certainement de se réjouir pour encore de longues années sur le nombre – toujours croissant – d’hommes et de femmes politiques qui affichent ouvertement leur choix dans ce domaine, sur la promulgation des lois qui condamnent l’homosexualité, sur la chute des barrières de l’intolérance…
Sans doute un jour, certains feront preuve d’honnêteté intellectuelle et relèveront l’hypocrisie qui consiste à comparer cette lutte à celle de l’antisémitisme. En attendant ce jour lointain, je continuerai à passer pour un intolérant. Cela me fait penser à un rendez-vous manqué. Dommage.
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