Bnei Noah : une vision moderne

Un mouvement très actif existe et ses membres se sont fixés comme objectif de respecter les lois de Noé. Ces personnes s'appellent des “Bnei Noa'h”...

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la rédaction de Breslev Israël

Posté sur 06.04.21

Selon le judaïsme et leshalakhoth – tel qu'exposées dans le Talmud – les lois noahides s'appliquent à l'ensemble de l'humanité. De fait, nous descendons tous du même ancêtre paternel qui s'appelait – d'après la tradition hébreu – Noa'h (Noé). C'est Noa'h qui était le chef de l'unique famille qui a survécu au Déluge. Ainsi, l'expression “בני נח” (“Bnei Noa'h) signifie les “descendants de Noé” et fait référence à l'ensemble de l'humanité.

Selon la tradition juive, les expressions “Ben Noa'h” (“fils de Noé” pour un homme) ou “Bath Noa'h” (“fille de Noé” pour une fille) sont utilisées à l'encontre de l'être humain, dans son aspect générique. Il existe sept lois de Noé qui s'applique à toute l'humanité, au-delà de la culture ou de l'ethnicité des différents peuples ou groupes de personnes qui peuplent la terre.
 
En théorie, l'expression “Ben Noa'h” ou “Bath Noa'h” ne fait pas référence particulièrement à un individu qui respecte les lois de Noé ; cependant, dans son utilisation courante, dire d'une personne qu'elle est un Ben Noa'h ou une Bath Noa'h implique que la personne respecte les sept lois de Noé.
 
L'orthographe du mot : le “'h” est la transcription de la lettre hébreu “ח” ; cette lettre se prononce comme le “r” de l'alphabet. En d'autres termes, le mot “Noa'h” se prononce “noar”. Certaines fois, le mot s'écrit “Noah”, ce qui est inhabituel que le “'h”. Dans les deux cas, le mot devrait se prononcer de la même manière.
 
Définition classique
 
Selon le judaïsme, les personnes non juives (“goyim”, c'est-à-dire des [autres] “nations”) ne sont pas tenues de respecter l'ensemble des lois de la Tora. De fait, il leur est même interdit d'en respecter certaines (ceci est le cas pour les lois de Chabath).
 
Le judaïsme rabbinique – ainsi que son expression contemporaine – décourage le prosélytisme. Les lois de Noé sont considérées comme la façon idéale pour les personnes non juives d'établir un lien direct et personnel avec D-ieu. D'une façon minimale, les sept lois de Noé représentent l'occasion de mettre en pratique les conditions minimales de la civilisation et les Lois divines.
 
On considère qu'une personne non juive qui respecte les lois de Noé dans tous leurs détails a atteint le même niveau spirituel et moral que le Kohen Gadol (le Grand Prêtre) du Royaume ancien d'Israël (Talmud Baba Kama 38a). Selon Maïmonides (Michné Tora, “Les lois des rois et de leur gouvernance, 8:11) un Guer Tochav qui respecte avec précision les sept lois de Noé est considéré comme une personne pieuse et mérite une place dans le Monde à venir. Ceci correspond à ce qui est dit dans le Talmud (Sanhédrin 105b).
 
Cependant, Maïmonides précise qu'une personne non juive est considérée pieuse seulement si elle respecte les lois de Noé spécifiquement parce qu'elle les considère d'origine divine (donnée avec la Tora). D'autre part, une personne qui respecte ces lois parce qu'elle les trouve logiques ou conséquentes n'appartient pas à la catégorie de personne “pieuse.”
 
Les lois de Noé diffèrent d'une façon importante des lois romaines pour les personnes non juives (Jus Gentium). Une de ces raisons est que les lois romaines correspondaient à une politique judiciaire exécutoire. Ceci n'est pas le cas avec le judaïsme rabbinique qui n'a jamais jugé de cas en se servant des lois de Noé comme base de jugement (Novak, 1983:28ff). Il est important de noter qu'il existe une différence d'opinion entre experts pour savoir si les lois de Noé sont une partie intégrante de la halakha (cf. Bleich).
 
Utilisation moderne
 
Depuis quelques années, le terme “Noahide” fait référence aux personnes non juives qui s'efforcent de vivre en accord avec les sept lois de Noé. Il serait plus précis d'appeler ces personnes des “Noahides pratiquants” ou des “Noahides axé sur la Tora” ; cependant, ces expressions sont rarement utilisées. L'arc-en-ciel fait référence aux Noahides ou à la première alliance (Genèse 9) et il est le symbole de nombreuses organisations Noahides.
 
Une personne non juive – peu importe son appartenance ethnique ou sa religion – est soit une “Bath” (“fille”) Noa'h ou “Ben” (fils”) Noa'h ; cependant la majorité des organisations dans lesquelles les membres s'appellent des “Bnei Noa'h” sont composées de personnes non juives qui respectent les lois de Noé.
 
Selon le Bible, les “Bnei Noa'h” – “les enfants de Noa'h (Noé)” – sont les descendants de Noé, le seul survivant du Déluge qui détruisit l'ensemble de l'humanité. Les enfants de Noé – Chem, 'Ham et Yapheth – avec leur mère et femme de Noé – Naamah – survécurent également au Déluge, en s'abritant dans l'arche. Lorsque les survivants purent sortir de l'arche – afin de rejoindre la terre ferme – ils commencèrent à fonder de nouvelles familles et à peupler la terre. Le point culminant de l'histoire de Noé est la promesse que D-ieu lui fit, de ne jamais plus détruire le monde avec un déluge. Le signe de cette promesse est l'arc-en-ciel.
 
Les lois d'Adam
 
Avec la promesse d'une nouvelle vie, D-ieu rétablit les six lois qui avaient été données à l'origine à Adam. Ces six lois concernent l'interdiction de l'idolâtrie, du blasphème, du vol, du meurtre, des relations sexuelles interdites et l'obligation d’établir des tribunaux de justice. À ces six lois, D-ieu en ajouta une : l'interdiction de consommer un organe d'un animal vivant.
 
Obligation universelle
 
Parce que ces lois furent données à la toute première famille de l'humanité, ce sont tous les êtres humains qui sont obligés de les suivre. Ces lois sont exposées en détail dans le Talmud, particulièrement Sanhédrin 56a. Le Sage juif de l'époque médiévale – Rabbi Moché Ben Maïmon (le Rambam) – rassembla toutes les décisions du Talmud et halakhiques (de la loi juive) de son époque. Son travail permet d'obtenir une vision et une compréhension claire des obligations qui touchent les enfants de Noé. Le Rambam nomma son travail : “Michné Tora.”
 
Non seulement l'exposé clair des lois juives – ainsi que leurs explications – est rédigé dans la Michné Tora, mais un autre ouvrage du Rambam inclut également les lois de Noé. Il s'agit du “Sefer Choftim”, dans sa dernière section appelée “Hilkhoth Melakhim OuMil'hamoth” (“Lois des rois et des guerres.”)
 
Le grand renouveau
 
Depuis les deux milles dernières années – et l'expulsion du peuple juif de la Terre d'Israël – le nombre d'adhérents aux lois de Noé est resté petit, voire inexistant. En l'absence d'importantes communautés de Bnei Noa'h – et du confort qu'une vie au sein de telles communautés peut apporter – les personnes qui n'étaient pas nées juives préféraient souvent se convertir, afin d'aller vivre au sein de la communauté juive la plus proche, plutôt que d'observer simplement les lois de Noé.
 
Avec le rassemblement du peuple juif sur sa terre, il est devenu possible pour ces personnes d'observer de nouveau les lois de Noé. De nos jours, un mouvement très actif – et avec de nombreux adhérents – existe et ses membres se sont fixés comme objectif de respecter les lois de Noé. Ces personnes s'appellent des “Bnei Noa'h” ou “Noahides”, en l'honneur de leur ancêtre qui reçut ces lois de D-ieu.
 
Même si ce mouvement est relativement récent, les Bnei Noa'h ont déjà accompli un grand pas afin de développer encore plus leur communauté émergeante. Les lois de Noé ont déjà fait leur impact sur la société américaine : les anciens présidents Ronald Reagan et Georges Bush ont officiellement déclaré que les racines du gouvernement américain se trouvent dans les lois Noahide. Récemment, un “Conseil Supérieur des Bnei Noa'h” a été formé par le naissant Sanhédrin afin de favoriser le développement de ces lois et de leur communauté.     

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