21 Iyar 5779 / dimanche 26 mai 2019 | Paracha : Bamidbar
 
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Briser les chaines    

Briser les chaines



Le Chabat Hagadol nous enseigne que nous pouvons tout faire, si nous le voulons vraiment ; aucun obstacle ne peut nous empêcher d’observer les mitsvotes, même les plus difficiles.

 



Une condition préalable à notre liberté est de briser les chaines qui nous limitent. Très souvent, les chaines idéologiques et mythiques qui lient nos esprits rabaissent une personne bien plus que les chaines de fer les plus lourdes. Pourquoi ? Les chaines de fer peuvent bloquer un corps, mais les chaines idéologiques et mythiques restreignent l’esprit.

La pire forme d’esclavage est celle de l’esprit, lorsque l’esprit d’une personne est embrouillé et qu’il perd le libre-arbitre qu’il a reçu de D.ieu.

Chabat Hagadol, le grand Chabat, est celui qui précède Pessah. Il symbolise la cassure des chaines de l’esclavage qui nous permet d’avancer, sur le chemin de la liberté de Pessah.

Les Baalé Tosefot expliquent que le Chabat Hagadol, le Grand Chabat, est appelé ainsi en remerciement du grand miracle qu’Hachem a fait pour Israël lors du Chabat qui a précédé la sortie d’Egypte :

Hachem voulait que les enfants d’Israël fassent une bonne action qui leur donnerait le mérite d’être libérés du joug Egyptien. Il a donc ordonné à chaque famille de prendre un agneau sans défaut et de le consacrer au sacrifice Pascal. Avec beaucoup de courage, les enfants d’Israël ont accompli le commandement d’Hachem le jour du 10 Nissan, qui, cette année-là, tombait un Chabat, puisque la sortie d’Egypte, elle-même, a eu lieu le jeudi 15 Nissan 2448 selon le calendrier juif.

Chaque famille a pris un agneau et l’a attaché au pied d’un lit. En cela, les Israélites devaient surmonter une peur extrêmement forte de la punition qu’ils encouraient de la part des Egyptiens, et mettre leur confiance totale en Hachem. Donc, lorsque les Egyptiens ont vu les agneaux attachés dans les maisons des Israélites, ils s’en sont mordus les doigts de colère mais ils ne pouvaient rien faire parce qu’ils étaient paralysés et ne pouvaient empêcher le sacrifice de ces agneaux qui étaient leurs dieux. Encore plus symboliquement, tout cela se déroulait durant le mois de Nissan, celui où la constellation stellaire du Bélier (que les Egyptiens vénéraient) domine. Justement lorsque leur déité était à son point culminant, elle se faisait sacrifier par les Israélites sous la protection d’Hachem.

Le Bélier, comme aucune autre déité, ne pouvait rien faire pour empêcher la sortie d’Egypte, tant que les Israélites remplissaient quatre conditions :

1. Ils devaient croire en Hachem – on ne peut pas être l’esclave de deux maitres. Ils devaient donc décider de qui ils voulaient servir – Pharaon et les Egyptiens ou Hachem.

2. Ils devaient avoir confiance en Hachem –les Israélites ont reçu une mitsva difficile à appliquer. Ils devaient faire confiance à Hachem, sans équivoques, sachant que s’Il leur donnait une mitsva particulière à accomplir, Il leur en donnerait la capacité.

3. Ils devaient dépasser leurs propres peurs – cela faisait 210 ans qu’Israël était en Egypte. Les Israélites de l’époque de la sortie d’Egypte étaient nés dans l’esclavage et avaient certainement une mentalité d’esclaves. Les esclaves craignent leurs maitres ; en respectant le commandement d’Hachem, ils devaient dépasser une peur qui était ancrée en eux depuis des siècles.  

4. Ils devaient être dévoués, ce n’était certainement pas facile de voir les Egyptiens passer à côté de leurs maisons, serrant les poings et menaçant les Israélites. Mais grâce au dévouement exceptionnel qu’ils exprimèrent en respectant le commandement d’Hachem, ils méritèrent de sortir d’Egypte et d’être délivrés.

Le miracle du Chabat Hagadol est toujours avec nous. Le Chabat Hagadol est un modelé pour la postérité. Si nous appliquons ses leçons à nos vies, nous aussi, pouvons briser les chaines de l’esclavage et accélérer la rédemption complète et finale de notre peuple. Il nous faut appliquer les quatre conditions à nos vies –croire en Hachem, avoir confiance en Hachem, dépasser la peur et être dévoués. Si nous le faisons, alors nous pourrons accomplir quoi que ce soit.

Voyons comment les quatre préconditions fonctionnent :
Tellement de gens me disent qu’ils savent qu’Hachem existe, pour de vrai, mais qu’ils ne « peuvent pas » entièrement respecter Ses commandements pour un certain nombre de raisons, qui sont toutes des chaines mentales. Voici quelques exemples :

*De quoi est-ce que je vivrai, si j’arrête de travailler Chabat ? Une grosse partie de mes revenus vient des affaires que je fais le samedi…

*Comment pourrais-je conserver des liens avec ma famille si je ne mange plus dans la maison de mes parents ? Ils ne mangent pas Cacher, et si je me mets à respecter la cacheroute, je risque de créer des conflits…

*Comment pourrais-je vivre sans la télévision et les journaux ? J’ai besoin d’être informé…
*Comment pourrais-je faire la Alya ? Toute ma famille est ici, en dehors d’Israël…

La liste des chaines mentales qui nous empêchent d’aller de l’avant et d’atteindre une liberté spirituelle est longue…

Le Chabat Hagadol nous enseigne que nous pouvons tout faire, aucun obstacle ne peut nous empêcher
d’accomplir les mitsvotes les plus difficiles – si nous appliquons simplement à nos vies les mêmes quatre conditions préalables que les Israélites ont appliqué aux leurs lors du Chabat Hagadol. Quand on croit en Hachem, qu’on Lui fait confiance en dépassant la peur, et qu’on avance dans le dévouement, Hachem nous envoie Son aide divine, miraculeuse, pour accomplir chacun de Ses commandements. Tout ce qu’il nous faut, c’est la volonté d’être libres, vraiment libres !

Bonnes fêtes de Pessah !

Traduit de l’anglais par Carine Illouz
 





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