13 Tichré 5782 / dimanche 19 septembre 2021 | Paracha : Soukoth
 
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La vie dans le ghetto    

La vie dans le ghetto



Lorsqu'ils demandèrent à ma mère ses bijoux et ses fourrures, elle répondit qu'elle n'en avait pas. Ils ont tiré sur elle, ainsi que sur ma sœur aînée.

 



Un jour, je tombai et je ne pouvais plus me relever. Le capo commença à crier et à me battre; finalement, il me poussa sur le côté. Il y eut une sélection et j'en fis partie. Nous dûmes enlever nos habits et nous restâmes nus la nuit entière.
 
 
Comment ai-je survécu? Quand une personne est dans le malheur, elle veut vivre. Elle se bat pour sa vie... Certains disent: "Ce qui doit arriver, arrivera!" Non! On doit se battre pour soi-même, jour après jour. Certaines personnes n'avaient plus envie. Elles disaient: "Je ne veux plus vivre. Quelle différence cela fait-il? Je m'en fiche éperdument." J'essayais de penser à cela et chaque jour je me disais: “Je veux vivre”. Une personne doit s'accrocher à sa propre volonté, s'y accrocher jusqu'à la dernière minute.
 
Je suis né à Varsovie. J'ai vécu à Prague, dans une partie de la ville de l'autre côté de la rivière Vistule. J'avais une belle vie là-bas; j'avais mon propre magasin dans lequel je fabriquais des manteaux de fourrures. À Varsovie, lors des fêtes juives, nous savions que c'était les vacances. Tous les magasins étaient fermés et tout le monde allait dans les synagogues.
 
Sur les 78 membres de ma famille, je suis le seul à avoir survécu. Mes parents avaient 3 garçons et 3 filles. Mes parents s'appelaient Jacob et Toby; mes frères s'appelaient Moché et Baroukh et mes soeurs Sara, Rivqa et Léa. Ils furent tous tués.
 
Ma mère et ma soeur aînée furent tuées pendant la dernière semaine de janvier de l'année 1941. Cette année-là, l'hiver était très froid; il y avait beaucoup de neige. Un matin, la police allemande et la police juive m'avaient attrapé dans la rue. J'ai été forcé de travailler avec d'autres personnes à ramasser la neige qui bloquait les voies ferrées. Notre travail était de permettre au train de passer. 
 
Quand je fus de retour au ghetto, j'appris que ma mère et ma soeur aînée avaient été tuées. Les allemands avaient demandé que le Judenrat (conseil juif) rassemble l'or et les fourrures qui appartenaient à toutes les personnes qui se trouvaient dans le ghetto. Lorsqu'ils demandèrent à ma mère ses bijoux et ses fourrures, elle répondit qu'elle n'en n'avait pas. Ils ont tiré sur elle, ainsi que sur ma soeur aînée.
 
Mon père fut tué en avril 1942. Il était allé acheter du pain aux enfants qui vendaient de la nourriture en contrebande dans le ghetto. Les enfants faisaient passer du pain, des pommes de terre et des choux à travers les murs du ghetto de Varsovie. Un policier juif montra du doigt mon père à un allemand et lui dit qu'il avait vu mon père prendre un pain d'un gamin près du mur. L'allemand tira sur mon père tandis qu'il lui tournait le dos.
    
Les déportations commencèrent le 22 juillet 1942. Mes deux autres soeurs et mes deux frères furent transportés à Treblinka. Après ce jour horrible, je n'ai plus jamais revu un membre de ma famille.
 
Je suis fourreur. Dans le ghetto, je travaillais dans l'usine de textile “Tobben”; nous y faisions des vestes pour l'armée allemande.
 
Pour le repas du midi, les allemands nous donnaient du pain et de la soupe. Le soir, nous recevions un autre pain et du café. Quand les polonais venaient au magasin, nous pouvions faire du troc avec eux pour obtenir de la nourriture supplémentaire. Nous leur donnions quelques chemises pour obtenir en échange un morceau de salami, un peu de pain ou des pommes de terre pour faire une soupe. Cependant, nous ne savions pas combien de temps pouvait durer une telle situation.
 
Un jour, les allemands organisèrent une sélection et je fus obligé de quitter le magasin de l'usine. Toutefois, je fus chanceux car un Volksdeutscher (terme nazi qui désignait une personne d'ascendance allemande qui vivait à l'extérieur de l'Allemagne) leur dit que j'étais un bon travailleur. Je fus alors autorisé à retourner au magasin et quelqu'un d'autre fut envoyé à ma place.
 
Un jour, un ami me dit qu'il avait vu une de mes soeurs travailler au magasin Shultz. Je voulais la voir à tout prix, mais je me trouvais à 3 kilomètres de ce magasin et ne savais pas comment m'y rendre. Un policier juif me dit qu'il pouvait me trouver un soldat allemand pour aller avec moi et me ramener. Cela me coûterait 500 zlotys (monnaie polonaise). Même à cette époque, cela représentait beaucoup d'argent; malgré tout, j'acceptai.
 
Le soldat me mit des menottes et il marcha derrière moi avec un fusil. Le subterfuge consistait à faire croire à tout le monde que j'étais un prisonnier. Quand j'arrivai au magasin Shultz, je ne trouvai pas ma soeur. C'est alors que je m'aperçu que j'étais coincé. Je ne pouvais pas retourner dans le ghetto car il venait d'être entouré par les soldats allemands. Le lendemain, c'était le 19 avril, 1943. Ce fut le jour du début du soulèvement du ghetto de Varsovie.
 
Le 1er mai, 1943, on me tira un coup de revolver dans la cheville droite. La balle traversa la chair, mais pas l'os; je ne perdis donc pas ma jambe. Je fus emmené à l'Umschlagplatz (endroit dans le ghetto de Varsovie où les juifs étaient réunis pour être déporté vers le camp de Treblinka). Le camp d'extermination de Treblinka ne pouvait recevoir que 10 000 personnes par jour. Dans notre groupe nous étions 20 000. Les allemands séparèrent notre train en deux. La partie du train dans laquelle je me trouvais fut dirigée vers le camp de concentration de Majdanek. Majdanek était un autre camp de la mort.
 
À Majdanek, on nous prit nos habits et nous donna des chemises et pantalons à rayures, ainsi que des sabots de bois. Je fus envoyé à la caserne 21. Alors que j'étais allongé sur mon lit, un vieil homme me demanda comment je me sentais. Il me dit: "Je peux t'aider." Il avait été docteur à Paris. Il prit un petit canif et m'opéra. Jusqu'à ce jour, je n'ai pas compris comment il avait pu garder un couteau dans le camp. Il n'y avait ni médicament, ni pansement. Il me dit: "Je n'ai pas de médicament, tu dois t'aider par toi-même. Quand tu urines, tu peux utiliser un peu de l'urine comme antiseptique sur ta blessure."
  
Nous devions marcher 3 kilomètres pour aller travailler. Lorsque je franchissais les portes du camp, je devais me tenir droit, sans boiter. J'avais peur. Si je boitais, les nazis m'auraient fait sortir du rang. À Maidanek, ils vous pendaient pour la moindre petite chose. Je ne savais vraiment pas comment je pourrais m'en sortir. D-ieu a dû m'aider et j'étais chanceux.   
 
Nous étions debout dans nos sabots de bois pendant l'appel. Ensuite, lorsque nous  passions la grille nous devions enlever nos sabots de bois et les attacher sur nos épaules avec un morceau de fil. Nous devions aller au travail, les pieds nus. Il y avait des petites pierres sur la route qui vous coupaient la peau et le sang coulait des pieds de beaucoup de gens. Le travail que nous devions faire était un sale travail. Après quelques jours, certains n'en pouvaient plus et je les voyais tomber sur la route. Lorsqu'ils ne pouvaient plus se relever, ils étaient tués sur le champ. Après le travail, nous devions ramener les corps. Si 1000 étaient sortis travailler, 1000 devaient rentrer au camp.   
 
Un jour, alors que nous étions debout pour l'appel, un homme au fond d'une rangée fuma une cigarette. Les fumeurs impénitents pouvaient trouver un simple morceau de papier et l'allumer, juste pour avoir l'impression qu'ils fumaient quelque chose. Le Lagerfuhrer (commandant d'un camp de concentration) – un allemand – arriva sur un grand cheval noir. Le cheval avait une tache blanche sur sa tête et ses pâtes étaient blanches aussi. C'était un très beau cheval. Le Lagerfuhrer tenait une cravache dans sa main. Cet homme était un monstre. Il était tard et le soleil commençait à se coucher. De loin, il vit la fumée d'une cigarette.
   
Le Lagerfurhrer nous regarda et il nous demanda qui avait fumé une cigarette. Personne ne répondit. "Si personne ne me répond, je vais pendre 10 chiens parmi vous" dit-il. "Je vous donne 3 minutes." Les allemands nous appelaient des chiens parce que nous avions une étiquette avec notre numéro dessus; le mien était 993. Nous nous regardions les uns avec les autres, mais personne ne répondit.
   
Le Lagerfurhrer n'attendit pas 3 minutes, il n'attendit pas 2 minutes. Il prit sa cravache et fit sortir 2 rangées de 5 prisonniers. Je fus dans le groupe des 10.
  
Il demanda: "Qui veut aller le premier sur le banc?" Nous devions monter sur un banc et mettre la corde autour de notre cou. Je fus parmi les trois premiers à monter sur le banc. Je grimpai et mis la corde autour de mon cou. 
 
Il commença à nous battre. Il me frappa si fort que le sang coulait de ma tête.
 
Quelques jours auparavant, un soldat allemand était arrivé à Maidanek dans le but de sélectionner trois groupes de 750 personnes pour les amener dans un autre camp. J'avais été sélectionné pour être dans le second groupe de 750.
Ce soldat était parti à Lublin (ville polonaise), au bureau principal de sélection, afin de préparer nos papiers. Pendant que j'étais debout sur le banc, le soldat arriva au camp. En nous apercevant, il se dirigea vers l'endroit de la potence.
  
Lorsqu'il vit ce qui était entrain de se passer, il commença à hurler: "Halte, Halte! Que se passe-t-il ici?"
 
Le Lagerfurhrer répondit: "Un chien a fumé une cigarette. Ils ne veulent pas dire qui est le coupable, alors je m'apprête à pendre 10 chiens."
 
"Quels chiens?" demanda le soldat. "J'ai des papiers pour transférer ces gens, et je ne peux pas amener des chiens morts. Je dois les amener en vie."
  
Le soldat prit la corde qui était autour de mon cou. Il aurait suffit de quelques secondes de plus et... j'aurais été mort. Il avait juste à pousser le banc. Le soldat nous roua de coups jusqu'à ce que nous sautions du banc et retournions dans le rang.
  
Le soldat nous amena sur les voies ferrées; il nous mis dans un train et le matin suivant nous quittions Majdanek. J'avais été là-bas 9 semaines. Mes compagnons d'infortune et moi-même avons passé deux nuits et un jour dans ce train; sans nourriture ni eau. De mes 9 semaines à Majdanek, je n'ai pas changé ma chemise, je ne me suis pas lavé. Nous étions dévorés par les poux et nombreux d'entre nous commencions à être enflés à cause de la faim.    
 
Quand nous descendîmes du train, nous vîmes que nous étions arrivés à Auschwitz. Il y eut une sélection; certains d'entre nous furent fusillés sur un champ, à quelques dizaines de mètres de nous. Cela n'ont pas été amené dans les chambres à gaz.
 
On me tatoua un numéro sur mon bras. J'héritai du numéro 128232. Si l'on additionne chaque chiffre cela fait 18. En hébreu les lettres de l'alphabet sont aussi des chiffres. Les lettres qui composent le numéro 18 possèdent la même valeur que le mot " 'haï ", qui signifie “vie”. Après avoir été tatoué, les allemands m'ont donné une pomme de terre en guise de repas. 
 
Tout d'abord, je fus envoyé au camp de Buna. Après être sorti de la quarantaine, je fus envoyé au travail pour construire des voies ferrées. Le capo là-bas était un meurtrier. Je suis de petite taille; cela ne l'avait pas empêché de me faire travailler avec un homme grand et costaud; à nous deux, nous devions porter des barres de fer de 6 mètres de long. Leur poids était si lourd que l'homme avec lequel je travaillais devait plier ses genoux pour arriver à les transporter.
    
Un jour, je tombai et je ne pouvais plus me relever. Le capo commença à crier et à me battre; finalement, il me poussa sur le côté. Il y eut une sélection et j'en fis partie. Nous dûmes enlever nos habits et nous restâmes nus la nuit entière. Le lendemain matin, un camion avec une croix rouge arriva. Les allemands nous poussèrent à l'intérieur, un au-dessus de l'autre. Nous pensions qu'ils allaient nous amener vers les chambres à gaz.
 
Au lieu de cela, nous fumes transportés au camp d'Auschwitz I. Un polonais sorti du bâtiment et nous demanda de crier notre numéro. Je dis: "128232." Il regarda un papier et demanda mon nom. Je répondis: "Szlama Radosinski". Ceci est mon nom en polonais et il n'a pas la consonance d'un nom juif. Il me demanda d'où je venais. "Varsovie," dis-je. Il me demanda combien de temps avais-je vécu à Varsovie. "J'ai été élevé là-bas," dis-je.
     
Il commença à m'insulter comme je ne l'avais jamais entendu auparavant de ma vie. Il me poussa hors de la rangée et il me mit dans un coin. Il me dit: "Reste ici". Il m'amena une couverture pour me couvrir. J'étais gelé. Me voyant dans cet état, il m'amena finalement à l'intérieur des baraques.
 
Je m'allongeai. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait et il m'était impossible de penser. Un jeune homme vint me voir et me dit: "Je te connais." Je lui demandai: "Qui es-tu?" Il dit que son nom était Erlich et qu'il me connaissait de Majdanek.
  
Je lui demandai quel était cet endroit. Il répondit que c'était le bloc 20, l'hôpital des baraques. Il me dit: "C'est très dur ici. Le Dr. Mengele vient deux fois par semaine pour faire des sélections. Mais c'est mardi et il ne viendra pas de nouveau cette semaine. Je te ferais savoir ce qui va se passer." Je n'avais pas mangé depuis lundi. Il me donna une tranche de pain.
 
Erlich était ici depuis 5 semaines. Il était venu de Majdanek à Auschwitz le même jour que moi. Deux des docteurs de l'hôpital connaissaient son grand-père, qui fut le rabbin de Cracovie. Ils l'ont caché du Dr. Mengele.
  
Ces docteurs ont essayé d'aider à cacher des juifs à Cracovie. Quand les SS sont arrivés, ils ont tué les juifs qu'ils avaient cachés et ont amené les docteurs à Auschwitz.
  
Le jeudi, Erlich vint me voir et me dit: "Tu dois sortir d'ici." Je lui demandai: "Que dois-je faire? Sauter par la fenêtre du deuxième étage?" Plus tard, l'après-midi, il vint de nouveau et dit: "Tu dois sortir d'ici; sinon dans deux jours tu seras mort." Environ une heure plus tard, un homme entra et s'assit à une table. Il demanda: "Qui veut aller travailler?" Les polonais de l'hôpital n'étaient pas intéressés à l'idée d'aller travailler. Pourquoi devraient-ils aller travailler alors qu'ils recevaient des paquets de la Croix Rouge et avaient suffisamment à manger?   
 
Je devais avoir ce travail. L'homme à la table me demanda mon numéro et ensuite il m'insulta. Je le suppliai. "Je veux sortir. J'ai des amis dehors. S'il te plaît laisse-moi sortir." Il me donna un morceau de papier sur lequel était écrit “Bloc 6.”
 
Je me dirigeai vers le bloc 6. Lorsque j'arrivai devant l'entrée, je montrai le papier. L'homme à l'entrée me dit: "Je ne peux pas te laisser rentrer avant 9 heures du soir." J'attendis là jusqu'à ce que les hommes retournent du travail. Un homme me demanda: "Tu es nouveau ici? D'où es-tu et que faisais-tu?" Je répondis: "Je suis de Varsovie et j'étais fourreur." Il me demanda où j'habitais et je le lui dis. Il me demanda si je connaissais le nom d'une certaine personne.  Je lui répondis: "Oui, il est fourreur aussi; il vit dans telle rue."
    
Un des hommes présent me dit: "Je ne te crois pas; quel est le surnom de cet homme?" Je répondis: "Cet homme a un petit bout de peau qui pend sur son oreille gauche et on l'appelle “tsutsik”  (“tétine” en Yiddish)." Quand je dis cela, ils commencèrent à m'aider. Ils m'amenèrent un grand morceau de pain et de la soupe froide.
 
Ils me demandèrent où je devais aller travailler. Je leur montrai le morceau de papier.  Ils me dirent: "Oh, non! Tu n'arrivera pas à survivre plus de 8 à 10 jours dans ce travail." Le travail consistait à pousser des chariots dans une mine de charbon. "La durée de vie maximum dans ce travail est de deux semaines. Après ça, ils vont dans le four crématoire." J'avais peur. Mon numéro était enregistré pour travailler là-bas. Je leur dis: "Si je ne vais pas là-bas, alors je serais pendu à côté de la cuisine et les prisonniers marcheront sur mon corps."
 
Ils me répondirent: "Ne t'inquiètes pas." Un des hommes présent appela quelqu'un et il lui dit: "Vas arranger cela!" Ils allèrent voir le capo avec le morceau de papier. Ce capo était un meurtrier. Il portait sur lui un triangle vert. Les allemands avaient ouvert leurs prisons et ils faisaient en sorte que les prisonniers deviennent nos chefs. Certains garçons présents avaient travaillé au Canada. Lorsque les transports arrivaient, ils sélectionnaient les objets de valeurs. Ils risquaient leur vie pour passer en fraude l'or et d'autres objets. Chaque jour, ils rapportaient à ce capo des cigarettes ou du salami. C'est sans doute pour cela qu'il répondit: "D'accord, je vais arranger cela."     
 
Le lendemain matin, ils me réveillèrent et ils m'emmenèrent avec eux. Ils me mirent au milieu de la rangée et nous marchèrent ensemble vers le portail. Ils me dirent que dès que l'on aurait passé le portail, je serai sauvé car plus de 6 000 prisonniers franchissent le portail chaque jour et personne ne sait qui est qui.
 
Il y avait un magnifique orchestre qui jouait à côté du portail. Ils ne m'ont pas laissé aller à l'autre travail. Je suis resté avec eux jusqu'à la dernière minute, quand Auschwitz fut liquidé. Ils m'ont aidé avec des morceaux de pain et un peu de soupe.
 
Un jour, les garçons me demandèrent si je pouvais fabriquer un chapeau pour le capo; ils m'amenèrent du tissu rayé. Je pris un bout de fil pour prendre les mesures. Je leur demandai un peu de fil et une aiguille. En moins de deux heures, le chapeau était terminé. Pour le rendre rigide, j'avais pris le papier d'un sac de ciment et j'ai ainsi doublé le tissu du haut. Le capo aima mon chapeau. Je fus son copain à partir de ce moment-là et il ne me frappa plus.
 
À suivre...




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