Une éducation d’amour

Les parents me posent souvent la question suivante : "Que doit-on faire avec des enfants turbulents ?" Ma réponse est de ne pas rentrer à la maison en étant stressé, énervé.

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le Rav Shalom Arush

Posté sur 06.04.21

À cet instant, maman sort de son lit. La tension se lit sur son visage : elle atteint facilement 6.8 à l'échelle de Richter ! Si c'était au tour de papa de se reposer, il aurait sauté du lit avec une ceinture ou une autre arme de mauvais présage dans sa main en se promettant de donner une leçon à ces vauriens.

 
Éduquer ses enfants est un sujet qui n'est pas seulement compliqué mais délicat. Les tâches auxquelles les parents doivent faire face peuvent sembler confuses et contradictoires ; cependant en réalité, la clé du succès de l'éducation est plus simple qu'on le croit. Les parents qui réussissent à regarder leurs enfants de manière objective, en d'autres mots, qui prennent en compte les besoins de leurs enfants plutôt que leurs propres intérêts égoïstes, sont ceux qui réussissent à avoir des enfants heureux et bien dans leur peau. Cette série de cinq articles nous permettra, avec l'aide de D-ieu, d'expliquer les différents aspects de cette mission spéciale que D-ieu a confiée à chaque parent.
 
La première erreur que commettent le plus souvent les parents est qu'ils considèrent un refus de la part de leurs enfants comme un affront personnel. Citons un exemple : une mère ou un père est fatigué et désire faire une sieste afin de recouvrer ses forces. Au même instant, leurs adorables enfants, âgés de 4 et 6 ans, entreprennent une bataille de coussins, un combat entre cowboys et indiens, ou toute autre activité habituelle pour des petits garçons de leurs âges. En entendant le bruit, le parent élève la voix : il désire le silence. De fait, impressionnés pas l'attitude de leur père, ou de leur mère, les enfants restent silencieux… pendant une minute ou deux. Les enfants de cet âge oublient très vite et quelques minutes plus tars, ils s'imaginent participer à une course de chevaux imaginaires dans une plaine du far west. Le garçon de 6 ans, qui est le chef indien, est entrain de chasser le général américain à l'extérieur de la chambre et en direction du salon, qui est devenu maintenant un territoire de chasse. Gardez en mémoire, que ce jeu imaginaire est réel pour un enfant. Très vite, le général est capturé et il commence à pleurer parce qu'il veut être un indien aussi. Le grand frère de 6 ans se met à pousser des cris de sioux et commence à célébrer sa victoire en dansant sur le canapé et en remuant sa lance (qui est en fait le balai de la cuisine) afin de prier le Tout-Puissant, comme il l'a vu dans le livre que grand-père lui a offert.
 
À cet instant, maman sort de son lit. La tension se lit sur son visage : elle atteint facilement 6.8 à l'échelle de Richter ! Si c'était au tour de papa de se reposer, il aurait sauté du lit avec une ceinture ou une autre arme de mauvais présage dans sa main en se promettant de donner une leçon à ces vauriens. Dans les deux cas, les mots tombent durement sur la tête des enfants, des cris de colère se font entendre et quelques fois même des jurons sont prononcés. "Vous n'écoutez jamais !" ; "N'avez-vous pas le moindre respect pour votre mère ou votre père ?" Pire encore, des qualificatifs qu'on ne devrait jamais entendre de la part des parents sortent de leur bouche : "sale gosse", "méchant"… pour ne citer que les mots que la décence nous permet d'écrire.
 
Nous savons tous que dans de telles situations, il est impossible de mener une réflexion digne de ce nom. Profitons de notre avantage pour réfléchir à ce qui s'est passé. Les petits Avrimele et Yankele sont âgés respectivement de 4 et 6 ans, seulement. La seule chose qu'ils ont en tête à cet instant, c'est leur jeu. Ils aiment tous les deux leurs parents. Ils n'ont pas une parcelle de méchanceté ou d'insolence dans leurs petits corps innocents. Leur objectif est de jouer et d'apprécier leur monde d'enfant rempli d'imaginaire ; ils font ce que des enfants de 4 et 6 ans ont l'habitude de faire. Ils n'ont jamais eu la moindre intention de déranger leurs parents. Pourtant, leur papa et maman rabaissent plus bas que terre ces petites âmes pures dans un accès de fureur dont on ne sait quels dommages cela fera dans leur âme, et ceci peut-être pour de longues années.
 
 
Le monde imaginaire d'un enfant
 
Rappelons un des principes fondamentaux de l'éducation des enfants : leur inculquer qu'il existe des limites dans tout ce que nous faisons. Par exemple : nous leur enseignons qu'à 2 heures de l'après-midi le Chabath, c'est le moment où la famille entière se repose et que les aventures de Robin des bois ou de Zorro ne sont pas les bienvenues à ce moment. Même si un message aussi clair a été transmis aux enfants, les parents feraient bien de se rappeler que les enfants aussi possèdent un yetser hara' (mauvais penchant) et qu'ils ont aussi leurs propres désirs. Sachant que nous sommes nous-mêmes en lutte constante avec notre mauvais penchant, cette vérité peut nous aider à comprendre leurs difficultés à nous écouter.
  
Il est surprenant de constater à l'occasion la façon dont les parents peuvent être hypocrites. Ainsi, la sortie hebdomadaire du père à son terrain de golf ou son court de tennis est sacro-sainte ; cependant, lorsque ses enfants de 4 et 6 ans désirent jouer à ce qui leur plaît, ils sont qualifiés d'enfants gâtés. Un père ou une mère ne peut rentrer à la maison l'après-midi, fatigué et irrité et s'attendre à ce que ses enfants soient silencieux ; nous devons comprendre que le silence n'accompagne que provisoirement les enfants ce cet âge. Une difficulté supplémentaire : lorsque nos enfants nous désobéissent, nous considérons cela comme un affront, une insulte personnelle. Touchés au plus profond de nous-mêmes, nous réagissons en laissant exploser notre colère, notre stress. Une telle attitude crée une tension anormale et destructive dans la maison et des comportements qui sont très éloignés de ceux que nous devons avoir lorsque nous avons la responsabilité d'éduquer nos enfants.
  
Les parents me posent souvent la question suivante : "Que doit-on faire avec des enfants turbulents ?" Ma première réponse est de ne pas rentrer à la maison en étant stressé(e), énervé(e). Vous attendez-vous à ce que votre enfant âgé de 7 ans soit plein d'égards à votre égard et qu'il tienne compte de la journée difficile que vous avez passée au bureau ? Si c'est le cas, vous ne pensez qu'à vous. Réfléchissez sérieusement à cela quelques instants : vous ne pensez qu'à vous et aux efforts que les membres de votre famille doivent faire pour vous rendre la vie plus facile et en même temps, vous demandez à votre enfant de faire preuve d'altruisme et de ne penser qu'à son père ou à sa mère. Est-ce réellement ce que nous pouvons demander à nos enfants ? N'y-a-t-il pas là un double standard de notre part ? Nous ne voulons certainement pas que nos enfants deviennent des personnes hypocrites et égocentriques. Par conséquent, la première chose à faire consiste à ne pas adopter une attitude que nous dénoncerions en la voyant chez une autre personne.

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