18 Iyar 5779 / jeudi 23 mai 2019 | Paracha : Bé'houqotaï
 
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Vous ne m’aurez pas    

Vous ne m’aurez pas



« Plus le matérialisme qui m’entourait s’imposait, me faisait de l’œil, plus la sensation d’étranglement que je ressentais se renforçait... » Sharon Rotter ne se laisse pas avoir.

 



Cette semaine, c’est l’anniversaire de mon cher mari. Il n’en fait pas tout une histoire, depuis que nous avons fait téchouva et que nos enfants sont nés, nous avons tous les deux changé toute notre approche par rapport à ce jour : d’un jour où l’on reçoit, c’est devenu un jour où l’on donne. Malgré tout, j’ai ressenti le besoin de lui faire un petit cadeau.


J’ai donc pris mon courage à deux mains et je me suis lancée dans quelque chose que je n’avais pas fait depuis très longtemps : je me suis rendue à Azrieli, cet immense et menaçant centre commercial, pour acheter un beau pantalon de Chabat.


Après avoir passé l’agent de sécurité à l’entrée, je compris tout de suite que j’avais commis une erreur fatale. Mais j’étais déjà dedans et de toute façon, ça avait tellement été la croix et la bannière pour arriver jusque-là avec mon bébé, que je continuai à avancer, les jambes tremblantes, me rapprochant de plus en plus des ascenseurs.


Les lumières clignotaient de partout et les marques m’attiraient vers leurs couleurs vives. J’entendais les annonces des dernières promotions alléchantes, je croisais d’innombrables hommes et femmes aux yeux hypnotisés et affamés, espérant réaliser un ou deux rêves et combler quelque peu leur fossé d’éternelle insatisfaction, celle qui ronge de l’intérieur, mais avec laquelle on apprend à vivre.


Je respirai un bon coup et je plaçai des œillères imaginaires sur les côtés de mes yeux, comme un cheval sur lequel on traverse une grande ville, ne regardant que droit devant pour éviter toutes les choses qui pourraient le déconcentrer tout autour. J’essayai de me concentrer sur mon but et de parvenir à un magasin spécifique qui répondrait à mes attentes, pour sortir de là au plus vite.


Mais toutes mes pathétiques tentatives échouèrent bien vite, lorsque je remarquai, depuis l’ascenseur transparent, trois magasins où il fallait absolument que je rentre avant de quitter le centre commercial.


Je me fixai donc un temps limite : une demi-heure, exactement ! Pour pouvoir me concentrer sur ce pourquoi j’étais venue et sortir de là au plus vite, mais le centre commercial était plus fort que moi et que le temps, et ma limite fut vite oubliée. Je m’oubliai complètement, ainsi que le rendez-vous qui m’attendait, et me mis à dériver vers les centaines d’articles qui m’entouraient et m’appelaient pour les regarder, les toucher, les prendre.


« Tu as besoin de moi » me lança le manteau rose Hello Kitty derrière moi. « Je suis tellement chou et ta fille t’aimera pour toujours si tu me ramènes à la maison », m’aveuglait-il avec ses paillettes et sa lueur étincelante.


« Il doit avoir raison », pensai-je en moi-même, « ma vie est incomplète sans ce manteau. Comment priver ma fille de quelque chose de si beau ? C’est vraiment de la négligence de ne pas le lui acheter… » Bientôt, j’étais complètement sous le charme du manteau et de toutes sortes de petits accessoires à l’effigie d’Hello Kitty et de princesses toutes roses.


Soudain, je sentis mon cœur se serrer. Plus le matérialisme qui m’entourait s’imposait et me faisait de l’œil, plus la sensation d’étranglement que je ressentais se renforçait. Après tout, je n’ai pas les moyens d’acheter toutes ces belles choses à mes enfants. « Quelle mère indigne je suis, quel monde cruel, je suis vraiment pathétique d’être venue dans un endroit si bas et pitoyable… Ah, je n’ai vraiment pas de chance, la vie est dure…. »


A travers les larmes, Hello Kitty et les princesses devinrent soudain floues. « Tu es vraiment déplorable », elles validaient ce que je ressentais, « Tu te sentiras mieux en nous achetant, tous tes problèmes se résoudront, tu n’as qu’à nous prendre à la caisse. Tu te sentiras beaucoup mieux et ta vie changera d’un seul coup. Tu verras que ce sera un investissement à long terme. Ne t’inquiète pas de l’argent, ça n’a pas d’importance. L’argent, ça va, ça vient, tu trouveras bien comment financer cette dépense. Et la contrepartie qu’on t’apportera va bien au-delà de l’argent. On vous donnera, à toi et tes enfants, la sensation de valoir quelque chose, de valoir plus, grâce à nous. Pense à la joie des filles quand elles nous verront. On améliorera votre vie, on vous apportera joie et satisfaction… » Elles continuèrent à déverser des promesses, quant à moi, j’étais à bout de souffle.


Je me sentais vannée, je fis donc ce que je fais toujours lorsque je me sens faible, je me tournai vers mon père, dans les cieux : je priai. « Papa, aie pitié, papa, aide-moi », je réussis à placer quelques mots dans le spectacle de la chatte et des princesses. Et comme toujours, lorsque je Lui demande une bouée de secours, la miséricorde divine m’envahit, les nuages se dissipent et la vérité s’impose, tel un doux rayon de soleil.


« Merci papa », je me souviens de cet outil qui améliore toujours la situation : le remerciement. « Merci pour mon mari, avec qui j’ai eu le mérite de passer encore une année, en bonne santé. Merci pour mes enfants qui m’apportent une joie infinie, merci de nous donner un toit, à manger, une famille et des amis, merci pour la santé et l’abondance que Tu nous envoies, et pour tous Tes cadeaux gratuits… » Soudain, je pus respirer à nouveau. Hello Kitty et les princesses redevinrent des manteaux ordinaires sur leurs cintres dans une grande surface, et je réalisai toute l’abondance que j’avais dans ma vie et surtout, que je n’avais besoin de rien d’autre que du cadeau que je voulais acheter à mon mari.


Je continuai à murmurer des louanges et des remerciements tout en sortant du grand centre commercial, mon cœur s’élargissant à nouveau et l’oxygène emplissant mes poumons.


Quand je remis les pieds là-bas quelques jours plus tard pour échanger le pantalon dont la taille ne convenait pas, j’étais déjà équipée d’une arme chargée et prête à tirer des « mercis » sur chaque marque et chaque promo « 1 acheté = 1 offert » que je croisais, et elles tombèrent toutes comme des pions, elles et leurs couleurs aveuglantes, comme un tour de magie obsolète.


Une mélodie résonne dans ma tête, celle de la chanson –bien connue en Israël- de Naomi Shemer : « Non, non, non, vous ne m’aurez pas aussi vite »…. Pourquoi ? Parce que je sais très bien que ce n’est ni un, ni cinquante blousons Hello Kitty, ni aucun autre produit dérivé qui combleront le grand vide dans mon âme. Et alors, je remercie à nouveau le Créateur qui m’a donné les secrets et les outils nécessaires pour changer d’approche, apprendre à voir le monde positivement et savoir que tout n’est vraiment que pour le bien.


Traduit de l’hébreu par Carine Illouz





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